Au-delà des apparences - Retour du roman de Catherine Choupin, "la beauté endormie"

Mémoires de deux jeunes princesses


Le résumé :


Deux cousines naissent à la même heure le même jour de l’été 1954. On les appelle les jumelles et elles sont inséparables. Pourtant, elles sont très dissemblables, et Clarisse, dite « Bouboule », vit dans l’ombre de sa cousine, qui multiplie les caprices et les conquêtes grâce à sa somptueuse beauté. Tout va changer avec l’arrivée d’un jeune homme… Clarisse prend alors une décision qui va changer sa vie à long terme.

Ce récit initiatique décrit le destin de deux jeunes filles des années soixante/soixante-dix. Il baigne dans le rappel des contes de fées et médite sur le pouvoir de la beauté et des apparences. L’idée m’en est venue en lisant Riquet à la houppe d’Amélie Nothomb.

Mon avis :


Impressionnant, comme ce livre « Riquet à la houppe » d’Amélie Nothomb peut être inspirant !… Et c’est une bonne chose.

L’écriture raffinée de Catherine nous entraîne dans une histoire qu'elle traite à la manière d’un conte. Nous faisons la connaissance de deux jeunes filles qui sont cousines, mais que l’auteur qualifie de « jumelles », car elles sont nées le même jour. Certes, les deux jeunes filles sont très proches, mais cela m’a un peu gênée, étant moi-même une vraie jumelle dans la vie (bien sûr, cette remarque ne vaut que pour moi). L’une de ces jeunes privilégiées est superbe et ne s’intéresse qu’à séduire, quand l’autre, boulotte et moins belle, préfère ses livres. Laquelle des deux sera la plus heureuse ? Leurs stratégies pour y parvenir sont aussi différentes que leurs apparences.

On suit Clarisse, la moins jolie, qui fait des études de lettres, dans sa vie d’ascèse à la fois intellectuelle et physique. S’étant vue humiliée par un jeune homme qu’elle aime, mais qui préfère sa cousine Christine, Clarisse devient obnubilée par son poids, alors que jusque-là elle en prenait son parti et le vivait plutôt bien. La jeune femme décide alors de suivre un régime drastique, tellement abracadabrant qu’on a peur pour sa santé. Elle travaille sans relâche pour avoir son concours en Khâgne. Puis les deux cousines vont se perdre de vue pendant plusieurs années.

En fait, les personnages de Catherine sont plus ou moins prisonniers des apparences et des clichés de leur culture judéo-chrétienne. Ils se débattent comme de beaux diables dans la toile d’araignée de leurs contradictions qu’ils ont tissée eux-mêmes. Arriveront-ils à leur fin ? Clarisse mincira-t-elle pour s’aimer et être en paix avec elle-même ? La métamorphose et l’évolution de ces jeunes filles des années soixante-dix sont passionnantes à suivre, car rien n’est joué d’avance. Cette histoire nous montre que les apparences ne font pas forcément le bonheur de ceux qui en sont nantis...


Catherine a su enrichir son texte de références littéraires :


« Plus tard, quand Clarisse eut découvert la célèbre phrase de Schopenhauer sur l’alternance inévitable de la souffrance et de l’ennui, elle sut que Christine incarnait l’humanité tout entière aux prises avec les illusions incessantes d‘un désir qui prenait le masque du sentiment pour assurer sa victoire. »


« … Jean s’extasia particulièrement devant la sauvage organisation du jardin anglais, dans lequel Clarisse ne put s’empêcher de citer Boileau : Souvent un beau désordre est un effet de l’art. »


Je vous recommande fortement ce joli roman aux allures de conte.


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©2020 by Anne-Marie Bougret - Autrice.

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